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Les forts

Appelé au Dépôt des fortifications à Paris, il poursuit sa carrière dans des places appelées à être en premières lignes en cas de conflit : Nice, Metz et Lyon. En 1873, un an avant d'être nommé directeur du Service du génie -il le sera jusqu'en 1880- ce général imagine un projet destiné à la défense des frontières. Ce système reposait sur le principe de "rideaux défensifs" avec des lignes de fortifications tout en ménageant des trouées destinées à attirer l'adversaire.

Les forts de Séré de Rivières sont deux types : "à cavalier et batterie haute" avec casernements en périphérie sous l'emplacement des pièces et "à massif central et batterie basse" avec batterie sur les périphéries et casernements en partie centrale. Les forts de la Drette et de la Revère s'inscrivent dans la seconde catégorie. En 1910 le fort de la Drette à 510m. d'altitude contrôlait la voie d'invasion venant du Paillon et du Col de Tende avec 2 canons de 155mm, 6 de 120mm, 4 de 95mm et 4 canons revolver. Celui de La Revère à 695m. surveillait les vallées de Laghet et du Paillon.

Son armement se composait de 4 canons de 155mn , 3 de 120mn, 5 de 95mn, 4 canons revolver et 4 mortiers lisses.Trois batteries annexes dépendaient de lui : la Calanca, la Forna et Samboules.

Une évasion spectaculaire

Pendant la seconde guerre mondiale, le gouvernement de Vichy avait fait transférer à la Revère des prisonniers alliés, essentiellement des pilotes britanniques. En mars et en août 1942, il fut le théâtre de deux évasions spectaculaires.

La première fut soigneusement préparé par le réseau Pat O' Leary et l'aumônier du fort qui photographia

les détenus pour leur fabriquer de faux papiers. Le plan était simple : accéder à l'infirmerie par la grosse canalisation des toilettes, scier les barreaux de la fenêtre dominant le fossé et se laisser descendre le long d'une corde.

Grâce à des complicités extérieures, la moitié des 10 pilotes évadés purent regagner l'Angleterre.

Les autres furent repris à Nice et à Monaco.

La seconde fut encore plus audacieuse. Pendant six semaines, les détenus creusèrent un tunnel de 30m.

Au cours de la nuit du 23 au 24 août, soixante six aviateurs l'empruntèrent. L'alerte fut donné lors du passage du soixante-septième. Trente-un d'entre-eux, pris en charge par les réseaux F2 et Libé-Sud regagnèrent leur pays.

Le Fort de la Drette fut utilisé comme dépôt de munitions par l'Armée jusqu'en 1987

et des soldats stationnèrent à la Revère après guerre. Déclassés, fermés au public, les voisinages immédiats de ces forts en pleine nature offrent aujourd'hui un but de promenade. Depuis le Fort de la Revère la vue est exceptionnelle. Toute la côte s'étend de l'Italie à Saint-Tropez avec en contrebas le petit village d'Eze accroché à son rocher.

Bibliographie :

Geist (Henri), "Le camps retranché de la Semboula (1744) de la guerre de la Succession d'Autriche", Archéam, n°8, 2000/01, pp pp28-38.

Ortholan (Henri), "Le système Séré de Rivières en 1914", 14-18, n°17, déc-janv2004, pp38-45.